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bambounou

L’agenda d’Emi #12

VENDREDI 13 Novembre

Ce week-end rendez vous à la deuxième édition des soirées HOUSE FORCE, nouvelle résidence du DJ Big Oh, dirigeant du label Friendship, au Rafiot Club. Après une première soirée en compagnie de l’artiste Coni, c’est un nouvel artiste de l’écurie Cleck Clek Boom qui en est l’invité, il s’agit du jeune producteur et DJ Bambounou.

Parisien né d’un père malien et d’une mère polonaise, Jérémy Guindo-Zegiestowski de son vrai nom, est très certainement un des artistes les plus intéressants et des plus novateurs de sa génération. Son univers musical extrêmement riche est à la fois sombre et futuriste, avec des morceaux clubs aux influences de UK Bass, la Chicago House et des titres techno plus expérimentaux. L’occasion de revenir sur les moments clés de sa carrière qui ont fait de l’enfant prodigue de la scène techno parisienne l’une des figures les plus remarquables et les plus inimitables de cette décennie.

Juin 2010 : Il sort son premier EP intitulé Animism sur le label Youngunz, ancienne structure qui deviendra plus tard le label Clek clek boom. Sur cet EP se trouvent 3 titres fortement influencés par la scène UK : Nappy Head, Aladji, Flaly. Ces titres ont de très fortes sonorités africaines, un clin d’œil à ses origines que l’on retrouve également sur le visuel de l’EP où l’on voit Bambounou faire tomber son masque qui est son visage, pour laisser place à celui d’un guerrier africain.
Puis nous y trouvons des remix de ses titres signés Teki Latex, cofondateur du label Sound Pellegrino sur lequel Bambounou cosignera l’EP Fructose avec Joakim en 2011. Nous y retrouvons également un remix de Dre Skull, Art nouveau et French Fries, un ami de longue date, son « être humain préféré sur terre » et un très proche collaborateur sur le plan musical. Ensemble, ils enchainent les apparitions lors des festivals mais aussi pour des featurings sur des titres tel que Hugz ou plus récemment à l’occasion des Red Bull studios Paris session, les titres Queen André et Dramatically Isolated.

Août 2012 : L’EP Cobe voit le jour. C’est son troisième EP et sa première sortie sur le feu label 50weapons, une véritable consécration pour le jeune artiste. Trois titres y figurent : Chrome, Deepstaria et Mass qui figurera plus tard sur son premier album. Ce maxi s’inscrit dans la lignée du premier avec toujours des rythmes UK Bass néanmoins il se plait à explorer cet espace infime entre dubstep et techno. D’ores et déjà, nous découvrons un artiste qui n’a pas peur de repousser les limites des genres.

Novembre 2012 : C’est la sortie de son 1er album Orbiting sur 50weapons. Véritable ovni musical, Bambounou nous dévoile 12 titres qui nous propulsent vers un trip spatial. L’ouverture planante avec le titre Hyper nous propulse dans un ciel étoilé avant d’être très vite rattrapé par une techno singulière aux cadences africaines et aux vibrations métalliques de la Bass music (Any other service). Bambounou ne cesse de nous étonner en déconstruisant les rythmes. Le temps y est malmené : convulsé, saccadé, suspendu, accéléré. On se laisse prendre au jeu et nous n’arrêtons pas d’être surpris par des enchaînements imprévisibles et des retentissements insolites. Il s’amuse à explorer les limites de la machine en avançant sur un fil tendu entre vaccarme et ode futuriste. Le chant des machines se transforment en incantation vaudou et Bambounou, en sorcier venant tout droit du futur.
Mais Orbiting est avant tout un manifeste de son univers musical. Bambounou ne se refuse rien et explore différents genres musicaux afin de créer sa propre patte musicale : entre techno, dubstep, ambient et cosmic disco. Il s’amuse même à intégrer le bruit du décollage d’une navette dans EX06. Son ami French Fries y est également présent pour un featuring sur le titre Let me get.

Décembre 2013 : La sortie du maxi Ignition/ Take it out on me marque un tournant décisif dans sa carrière musicale. Pour la première fois, Bambounou nous dévoile 2 titres purement techno influencé par Détroit. Il laisse de côté la Bass music pour se consacrer pleinement à une techno sombre et à l’atmosphère inquiétante pour Take it out on me. A l’inverse Ignition est un morceau taillé sur mesure pour les clubs par l’ancien résident du Social club.

Novembre 2014 : Été 2013, Bambounou joue pour la première fois pour Boiler Room à Paris. A l’ouverture de son set, un titre house : Feel like this. Pendant des mois, ce morceau a été l’objet d’un grand nombre de spéculations sur l’auteur et l’origine même du titre. Pour certains, ce titre house ne pouvait être la création du jeune producteur qui jusqu’à lors, s’était principalement consacré à la techno. Et pourtant, après avoir fait longuement languir son public, Feel like this sort en novembre 2014. A ce jour, ce titre est l’un de ses plus grands succès.

Février 2015 : En début d’année sort le 2e album de Bambounou, Centrum sur 50weapons. Dernier album en date mais aussi le plus décisif dans son odyssée musicale. Toujours aussi sombre et futuriste, Bambounou s’éloigne de ces précédents maxis taillés pour les clubs pour s’attaquer frontalement à la techno avec des touches d’ambiant et toujours la chicago house pour toile de fond. Centrum nous plonge dans l’univers sci-fi digne d’une dystopie futuriste qui raconte un retour post-apocalyptique sur terre. Son auteur y interroge avec inquiétude les nouvelles lois de l’intelligence artificielle. A son écoute, on découvre avec surprise des titres ambiants très apaisés mais par pour le moins inquiétants tels que Fire Woman, S.A.C. et 0 to 1. Se suivent des titres plus expérimentaux tel que Oez ou des titres plus mélancoliques avec I ride. Centrum nous confirme l’univers musical de l’artiste parisien, un univers riche en références et qui nous prouve que la musique ne doit pas être un huis-clos mais une expérience sans fin du monde qui nous entoure.

Novembre 2015 : Récemment, on apprenait avec tristesse la fin du mythique label 50weapons. Le week-end dernier à Paris avait lieu la soirée finale en hommage au label à la Concrète. Les figures emblématiques du label s’y sont produits comme par exemple Shed et bien évidemment, Bambounou. Ce dernier a sorti il y a deux jours, un EP en hommage au label qui a su parier sur lui et qui a propulsé sa carrière sur la scène internationale. Deux titres y figurent : See you soon, un morceau planant et mélancolique et Popular Religions, un morceau joué à l’ouverture du set de Margaret Dygas pour Boiler Room.

Pour en savoir plus sur Bambounou, Resident Advisor l’a convié dans l’un de leurs numéros, Origins où il se confie avec beaucoup de tendresse sur son parcours.


Pour ne pas manquer Bambounou, c’est au Rafiot Club que ça se passe. L’entrée est de 8€ avant minuit et 10€ après. Sur la line-up, Médicis & Vanshift (Sound Pellegrino) seront à ses côtés ainsi que Big Oh.

 

 

BONUS : Une recette de poulet signé Bambounou et French Fries. A voir absolument

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