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D'ailleurs, toute personne réussissant à prononcer le nom de ce blog se verra remettre en mains propres trente-trois mille deutschmarks ainsi qu'un coupon de réduction pour la piscine municipale de son choix.

Nastia

L’Agenda d’Emi #8

C’est un fait, les artistes féminines sont trop peu représentées dans l’univers musical. Et cela s’applique d’autant plus dans le milieu de la musique électronique. Certes, les artistes féminines sont beaucoup moins nombreuses que leurs collègues masculins à tenter leur chance et à sortir de leurs chambres pour se produire devant un public. Mais il faut savoir aussi qu’elles sont beaucoup moins représentées dû à une certaine forme de misogynie qui règne toujours au sein des labels et auprès des directeurs artistiques des clubs, des agents, des promoteurs et programmateurs de festivals. Kombini en parlait d’ailleurs il y a quelques mois et je vous invite à le lire.
This a man’s man’s man’s world.

Cette année à Strasbourg, grâce au travail de certains acteurs de la scène musicale strasbourgeoise, nous avons pu apercevoir le talent qui se dégageait de ces artistes féminines prêtes à s’approprier la place qui leur revenait de droit. Je retiens notamment le nom de la française Molly qui avait mis un véritable coup de vieux au maître Kenny Larkin lors du final beat du festival Contre-temps ou encore de l’allemande tINI qui avait clôturé le festival Longevity avec un set endiablé au point que même la pluie n’avait pas stoppé les festivaliers dont certains étaient montés sur scène pour la saluer.

Alors forcément quand je vois que l’artiste ukrainienne Nastia est invitée ce vendredi 9 octobre au Rafiot Club pour une nouvelle édition des soirées Signature – l’une des plus anciennes du club strasbourgeois – je ne peux qu’applaudir l’initiative. Mais attention, il est hors de question de réduire le talent de l’Ukrainienne à son sexe car elle est l’une des Djs les plus doués des pays de l’Est. La preuve en quelques points :

Originaire d’un petit village d’Ukraine, Nastia est une DJ autodidacte. Elle fait ses premières scènes en 2005 dans la ville de Donetsk. Sans aucune formation musicale particulière, elle a appris sur le tas les différents aspects du milieu de la musique. D’abord danseuse, puis promotrice d’évènement, régisseuse et animatrice radio, Nastia est devenue au fil du temps l’une des plus importantes DJs de la scène techno d’Ukraine. Depuis 2009, elle n’a cessé de se produire partout en Europe et dans le monde. Bien que le Djing est sa principale activité, la radio a toujours eu une place importante dans sa carrière puisque depuis 2006, elle dirige une émission hebdomadaire dans une des radios les plus populaires d’Europe, KISS FM Ukraine. Elle fait partie intégrante de son projet musical plus large, intitulé Propaganda, du nom donné à son émission mais aussi au label qu’elle a crée en 2012.

De 2006 à 2011, elle s’est également beaucoup investie dans le projet KaZantip crée en 1992 par le russe Nikita Marshunok. Ce projet qui se veut être une « république » utopique éphémère, s’articule autour d’évènements sportifs – la première édition accueillait une compétition de voiliers – et aussi un festival de musique électronique qui se déroule pendant un mois non-stop et accueille en moyenne 30.000 visiteurs. Considéré par certains comme l’un des meilleurs festivals de musique électronique dans le monde, le festival s’inscrit dans la lignée du mythique Burning Man. Pour d’autres, il s’agirait même du Woodstock des pays de l’Est. Nastia y a joué à plusieurs reprises sur les différentes scènes du festival et s’occupait de la gestion de la station radio KISS FM, présente sur place.
Les plus grands noms de la scène underground s’y sont également produits comme Ricardo Villalobos, Marcel Dettman, Fred P, Tale of Us ou aussi tINI. Bref la liste est longue.

Aujourd’hui, Nastia fait partie de ces rares artistes féminines à avoir réussi à percer sur la scène internationale et est devenue l’artiste ukrainienne qui se produit le plus partout dans le monde. Depuis peu, elle a aussi acceptée de devenir résidente au club russe Arma17 et au nouveau club belge Ampere. Plus étonnant encore, à l’image de la française Molly, Nastia fait partie de ces derniers spécimens de Djs à ne pas produire de morceaux. A ce propos, elle a d’ailleurs déclaré il y a quelques années « Je ne suis pas une productrice. Je suis un vrai DJ. Je suis l’une des rares à avoir construit ma carrière musicale grâce à la performance du Djing. […] De plus, produire ne m’intéresse pas vraiment – Je sais que ma meilleure capacité se trouve dans le mix. »
Bon ok, depuis elle s’y est quand même essayée, qui plus est avec brio, et a signé quelques titres pour Park & Ride records ou encore sur Nilla. Le djing reste cependant son activité principale contrairement à d’autres Djs qui produisent plus qu’ils ne se produisent. « Mon but est de voir autant de monde que possible sur la piste de danse, de danser avec eux, et guider l’esprit qui nous unit tous – la musique. Je suis ce que je fais. »*

Et forcément, à l’écoute de ses sets on ne peut que constater le talent dont elle est pourvue.



Le prix d’entrée est de 8€ avant 1h puis de 10€.

** propos recueillis sur ra puis traduits

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